30 ou 31 jours ? Le calcul du prorata de loyer, simple, clair et défendable

Lorsqu’un locataire entre ou quitte un logement en cours de mois, il ne paie pas automatiquement le mois entier. Le loyer se calcule alors au prorata temporis, c’est-à-dire uniquement pour la période réellement due. La question pratique revient vite : faut-il diviser par 30 jours, 31 jours, ou retenir le nombre exact de jours du mois concerné ?

Pour éviter les désaccords entre bailleur et locataire, le plus utile est d’utiliser une formule claire, cohérente avec le bail et facile à expliquer. Voici les méthodes de calcul, les cas d’application et des exemples chiffrés pour vérifier rapidement le montant à payer.

Quand appliquer un prorata de loyer ?

Le prorata s’applique dès que la période facturée ne correspond pas à un mois complet. Il concerne l’entrée dans les lieux comme le départ du locataire, mais les règles pratiques ne sont pas identiques selon la situation.

Calcul du prorata de loyer

Calculez le montant dû au prorata du nombre de jours d’occupation. Note : Comptez les jours réellement dus selon votre date d’entrée, de sortie ou de fin de préavis.

Entrée dans le logement en cours de mois

Si le bail commence le 12 avril, le locataire ne règle pas le loyer du 1er au 11 avril, puisqu’il n’a pas encore la jouissance du logement. Le calcul porte donc sur les jours compris entre la date de début du bail et la fin du mois. La date à retenir est celle indiquée dans le contrat de location, souvent alignée sur la remise des clés.

Dans ce cas, le prorata permet de faire correspondre le paiement à l’occupation réelle. Il évite qu’un locataire paie pour une période pendant laquelle le logement n’était pas encore mis à sa disposition.

Départ, préavis et remise des clés

Pour une sortie en cours de mois, le raisonnement dépend du préavis. En location de résidence principale, le locataire reste en principe redevable du loyer et des charges jusqu’à la fin de son préavis, sauf si le logement est reloué avant avec l’accord du bailleur. La remise des clés marque souvent la fin de l’occupation matérielle, mais elle ne met pas toujours fin à l’obligation de paiement si le préavis court encore.

Exemple : un préavis se termine le 18 septembre. Le loyer de septembre est calculé du 1er au 18 septembre inclus. En revanche, si le locataire quitte les lieux le 5 mais que son préavis s’achève le 18, le montant reste dû jusqu’au 18, sauf relocation anticipée.

La formule la plus fiable pour le calcul

La méthode la plus facile à justifier consiste à utiliser le nombre réel de jours du mois concerné. Elle tient compte des mois de 28, 29, 30 ou 31 jours et limite les écarts inutiles. C’est aussi la formule la plus simple à comprendre pour un locataire comme pour un propriétaire.

Calcul au nombre réel de jours

La formule est la suivante :

Loyer au prorata = loyer mensuel charges comprises ÷ nombre de jours du mois × nombre de jours dus

Si le loyer mensuel est de 900 € charges comprises et que le locataire entre le 15 mars, il occupe le logement du 15 au 31 mars, soit 17 jours. Mars compte 31 jours. Le calcul est donc : 900 ÷ 31 × 17 = 493,55 €. Le locataire doit régler 493,55 € pour ce premier mois.

Cette méthode fonctionne de la même manière pour un départ. Si le préavis prend fin le 10 novembre pour un loyer de 750 € charges comprises, novembre comptant 30 jours, le calcul est : 750 ÷ 30 × 10 = 250 €.

Calcul sur une base de 30 jours

Certains bailleurs utilisent une base dite “mois bancaire”, dans laquelle chaque mois est réputé compter 30 jours. La formule devient alors : loyer mensuel ÷ 30 × nombre de jours dus. Elle a l’avantage d’être stable d’un mois à l’autre, mais elle peut créer de petits écarts selon le mois concerné.

Pour un loyer de 900 € et une entrée le 15 mars, le calcul sur 30 jours donnerait : 900 ÷ 30 × 17 = 510 €. Avec la méthode au réel, le résultat était de 493,55 €. La différence n’est pas énorme, mais elle peut suffire à provoquer une contestation si la méthode n’a pas été expliquée.

Quelques euros paraissent anodins lors de la signature du bail. Ils comptent davantage au moment d’un solde de tout compte, d’un dépôt de garantie à restituer ou d’une régularisation de charges. Pour éviter qu’un petit écart ne bloque l’échange, il vaut mieux écrire noir sur blanc la méthode retenue, puis l’appliquer de façon identique à l’entrée et à la sortie. La cohérence vaut souvent mieux qu’un calcul improvisé au dernier moment.

Exemples chiffrés selon les situations courantes

Les exemples suivants montrent l’impact du nombre de jours et de la date retenue. Pour comparer proprement, les montants sont calculés avec la méthode au nombre réel de jours du mois.

Situation Loyer mensuel Période due Calcul Montant dû
Entrée le 10 janvier 800 € 22 jours sur 31 800 ÷ 31 × 22 567,74 €
Entrée le 15 février, année non bissextile 900 € 14 jours sur 28 900 ÷ 28 × 14 450 €
Départ au 18 avril 1 050 € 18 jours sur 30 1 050 ÷ 30 × 18 630 €
Préavis terminé le 7 août 700 € 7 jours sur 31 700 ÷ 31 × 7 158,06 €

Faut-il compter le jour d’entrée ou de sortie ?

En pratique, on compte le jour à partir duquel le logement est mis à disposition du locataire. Si le bail commence le 15, le 15 est inclus. Pour une sortie, le dernier jour dû est généralement celui de fin de préavis ou celui convenu entre les parties, selon la situation. L’important est d’éviter les demi-journées informelles difficiles à prouver.

La remise des clés, l’état des lieux d’entrée ou de sortie et la date inscrite dans le bail sont les repères les plus utiles. Ils permettent de rattacher le calcul à des documents concrets, plutôt qu’à une simple discussion orale.

Loyer, charges et dépôt de garantie : ce qu’il faut inclure

Le prorata ne concerne pas seulement le loyer hors charges dans tous les cas. Il peut aussi s’appliquer aux provisions sur charges lorsque celles-ci sont payées mensuellement avec le loyer. Pour obtenir un montant clair, il faut donc distinguer le loyer hors charges, les charges récupérables et les éventuels frais qui ne se proratisent pas de la même façon.

Charges mensuelles : même logique que le loyer

Si le locataire verse chaque mois 850 € de loyer et 70 € de provisions sur charges, le calcul le plus lisible consiste à proratiser le total de 920 €, ou à proratiser séparément les deux lignes. Les deux approches donnent le même résultat si elles utilisent la même période.

Exemple pour une entrée le 20 juin, avec un total mensuel de 920 €. Juin compte 30 jours et la période due est de 11 jours. Le montant est donc : 920 ÷ 30 × 11 = 337,33 €. Cette somme comprend à la fois le loyer et la provision sur charges pour la période occupée.

Dépôt de garantie et régularisation

Le dépôt de garantie n’est pas un loyer. Il n’a donc pas vocation à être calculé au prorata d’un mois d’occupation. Son montant dépend des règles applicables au type de location et des stipulations du bail. En revanche, lors de la sortie, le solde de loyer au prorata peut être pris en compte dans les sommes restant dues, à condition d’être justifié.

La régularisation annuelle des charges peut aussi faire apparaître un complément ou un remboursement. Là encore, la période réelle d’occupation doit être prise en compte pour ne pas imputer au locataire des charges correspondant à une période où il n’occupait pas le logement.

Bonnes pratiques pour éviter une contestation

Un prorata de loyer bien calculé doit pouvoir être relu et compris en quelques secondes. Le bailleur comme le locataire ont intérêt à conserver une trace écrite du calcul, surtout lorsque l’entrée ou la sortie intervient à quelques jours de la fin du mois.

  • Indiquer la méthode utilisée : nombre réel de jours du mois ou base de 30 jours si elle a été convenue.
  • Préciser les dates retenues : début du bail, remise des clés, fin du préavis ou date de relocation.
  • Calculer sur le montant exact : loyer seul ou loyer charges comprises, selon ce qui est facturé.
  • Arrondir clairement : au centime près de préférence, pour éviter les approximations.
  • Joindre le détail au quittancement : une ligne de calcul dans un message ou un document suffit souvent.

Un simulateur peut être utile pour gagner du temps, mais il ne remplace pas la vérification des dates et de la méthode prévue au bail. Avant de valider le montant, il faut toujours contrôler trois éléments : le loyer mensuel de référence, le nombre de jours du mois et le nombre de jours réellement dus.

En cas de désaccord, le plus efficace est de repartir de la formule et des justificatifs plutôt que de discuter uniquement du montant final. Un calcul transparent, daté et cohérent avec les documents de location réduit fortement le risque de litige.

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Élise Maublanc-Lacroix

J’accompagne depuis plus de quinze ans particuliers et entreprises dans leurs projets de déménagement, en partageant conseils et astuces pour un passage en douceur.

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